Fillon et la Culture

Où je m'interroge avec circonspection (car oui, comme dans les châteaux sarthois, j'ai reçu une bonne éducation) sur le programme du Monsieur.

Or donc (pour s'exprimer dans un français très dans l'air du temps), voici que nous est proposé par le champion de la cathosphère une certaine idée de la culture, idée qui me laisse pour le moins dubitatif.

Notez que je reste mesuré, au risque de me faire des nœuds à l'intérieur, car ce n'est pas bon pour la santé de refouler comme ça. Bref, concernant l'intermittence du spectacle, voici un extrait de son programme. Si l'on a aussi mauvais esprit que moi, on le trouvera bien imprécis et lourd de menaces voilées :

"...Lutter contre les abus pour préserver le régime des intermittents du spectacle qui joue en France un rôle fondamental en faveur de la création et de la diversité culturelle. Aujourd’hui, son déséquilibre est tel qu’il est décrié et menacé. Pour le pérenniser, je propose d’en exclure toute forme d’emploi permanent et notamment les programmes de flux. Il s’agit de revenir à sa raison d’être : la protection contre la précarité liée à la durée limitée dans le temps d’une « création originale » qui fait appel à des talents spécifiques, dans une logique de projet..."

Le lecteur qui souhaitera en savoir plus pourra se rendre sur le site de son programme, dont est tiré l'extrait. Il pourra y retrouver aussi quelques délicieux moments sur la valorisation du patrimoine, le soutien au tourisme (tel que le pratique le Puy du Fou ?), le développement du mécénat et des PPP (partenariats public-privé), et autres gracieusetés. En n'oubliant pas deux ou trois choses.

Que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce dont vont faire l'expérience ses soutiens les plus ultra ; certaines propositions sont si inapplicables que ses porte-parole font déjà machine arrière.

Que le texte est suffisamment généraliste pour que l'on se demande ce qu'il signifie dans une politique où l'on veut réduire le rôle de l'État à son minimum coercitif.

Et que ce projet culturel s'inscrit dans une vision du monde où un artiste, c'est comme un Indien : il est bon quand il est mort, car il ne dérange pas. On peut ainsi le fantasmer et l'instrumentaliser.

Cela dit, après avoir tout lu consciencieusement, j'ai du mal à saisir la différence profonde avec la politique actuelle. Une question de degré, sans doute ? Certes, on pourrait m'expliquer, mais ça prendrais des plombes.

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